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Le point de vue narratif interne

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24 octobre 2011

6 Commentaires

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  • Bonjour à tous,
    Je viens de lire ce petit article car je me suis très souvent posé la question de savoir quel point de vue utiliser pour écrire mon roman. Au départ, je suis parti de façon spontanée sur le point de vue interne, en prenant donc l’option du  » Je « … alors que tout ce que j’avais écris jusqu’ici était avec le  » il  » (point de vue externe.
    Alors j’ai continué sur cette lançée. Cependant, comme j’ai deux personnages principaux dans cette histoire (deux frères), je me suis dit : pourquoi pas passe d’un l’un à l’autre au fil des chapitres. Car finalement, on m’a touuours dit qu’il n’y avait pas de règles qui dans l’écriture nous obligent à suivre forcément ce qui s’est fait avant nous. En d’autres termes : l’auteur reste libre d’écrire comme il le ressent.
    Toute la difficulté résidait donc (et réside toujours) dans mon roman, à passer d’un frère à l’autre de façon la plus claire possible. Pensez-vous que je pourrais marquer ces transitions en commencant chaque  » nouvelle partie  » par une petite phrase en italique qui mentionnerait le nom du frère qui va raconter la suite de l’histoire. Du genre :  » Riley – 4 février  » … puis  » Junior – 10 février « … mais alors ca ferait plutôt  » journal intime « . Ou alors pourrait-on presque considérer que ce serait un mélnage entre le point de vue externe et interne ? UN sorte de narrateur qui ne fait que citer le nom du personnage qui va parler… et ensuite je me retrouve en fait sur un  » Je  » qui fait évoluer le récit ? (je sais pas si je suis super clair là :) ). mais en tous les cas j’ai vraiment l’envie de continuer sur un narrateur interne mais en passant d’un frère à l’autre.
    Qu’en pensez-vous ?
    Merci
    Evee

    • Bonjour Evee !
      Pour enfreindre les règles, il faut savoir les maîtriser, sinon ce n’est plus de l’art, c’est du hasard ! (Tiens ! Bonne idée, ce sera l’objet de la lettre de dimanche :D ).
      Pour en revenir au point de vue : oui, tout est possible ! On peut faire un roman sous contrainte, pour travailler la forme… Tout dépend de la finalité de l’oeuvre : c’est cela qu’il vous faut d’abord éclaircir.

      Si la finalité est de raconter une histoire et d’emporter le lecteur, les règles que les grands auteurs ont dégagées pendant des millénaires sont de véritables guides (car ces règles ne sont pas créées ex-nihilo ! Elles répondent à un besoin fondamental de l’homme).

      Le « je » est plutôt la position du personnage principal, qui fait entrer dans l’histoire (ce qui est assez logique, puisque le lecteur s’identifie à lui).
      Le « tu » pourrais être attribué à l’autre… Et il y aura une place pour le « nous »… Et pour le « il/ils »…

      On pourrait imaginer alterner entre des chapitres où le narrateur écrit son journal, et d’autres où il reçoit une lettre de son frère… (cf. l’article sur le roman épistolaire)
      Comme ça la place de chacun est préservée, tout en ouvrant à deux narrateurs internes.

  • Je me demandais s’il était possible de faire un écrit en point de vue interne sans forcément l’écrire à la première personne du singulier ? Car je trouve que sur tout un chapitre, ça peut devenir lourd tous ces « je ».
    J’ai écrit un chapitre comme cela et même si je trouve que c’est une bonne idée pour cerner au mieux un personnage, la répétition est quand même très présente (trop ?).

  • Très bon article
    Après plusieurs essais à la première personne, j’ai décidé d’utiliser cette méthode pour mon tout premier roman. Dedans je dirais que l’inconvénient du point de vue narratif interne, c’est que mon personnage étant aveugle, il ne peut pas décrire de ce qui l’entoure, il ne peut que l’imaginer que par l’intermédiaire des autres personnages qu’il rencontre. Mais je pense que ça peut être un point fort car à partir de la description faite par les personnages au personnage central, cela permet de découvrir le monde de mon livre au fur et à mesure.
    Après je en suis pas fermé sur d’autres avis sur la question

  • très bon didacticiel pour les écrivains en herbe comme nous :-) Cependant que penser de ceux qui agissent au feeling depuis le départ ( c’est mon cas). Suis-je voué à un échec certain? j’essaye malgré tout de prendre mon inspiration à droite et à gauche selon mes goûts et humeurs. Suis-je dans la faute? je me rends compte que j’ai toujours écrit sans suivre de schéma type. est-ce un handicap? j’aimerais connaître vos ressentis dans ce domaine. ça pourrait m’aider. Merci beaucoup :-)

    • Les points de vue narratifs doivent surtout répondre à la façon dont tu souhaites décrire les évènements et faire passer l’information au lecteur.

      Plusieurs points de vue narratifs peuvent être utilisés dans un roman. Rien n’empêche d’user des trois points de vue, à condition de faire comprendre aux lecteurs quand le changement s’opère et de lui éviter de se perdre en chemin.

      Est-ce que tu as l’impression d’avoir utilisé le bon « cadrage » en choisissant tel ou tel point ?

      Analyse tes textes et regarde le point de vue narratif que tu as utilisé régulièrement en suivant ton feeling. C’est le point de vue narratif que tu utilises naturellement.

      L’écriture n’est jamais un exercice immuable. Le temps et l’expérience apportent des réponses et des solutions à sa propre façon d’écrire. Dire que tu es voué à un échec est faux. Le plus important et, je pense, d’avoir conscience de ce que l’on écrit ainsi que le pourquoi ?

      Cependant, il est vrai qu’avoir le point de vue narratif en tête dès le départ permet d’avoir plus de cohésion et un meilleur contrôle par la suite puisque tu te seras « mieux » organisé avant ton écriture. Encore une fois, analyse tes textes et tu en sauras un peu plus sur ta manière d’écrire.