La description dans le roman est loin de collectionner les adeptes dans le petit monde de l’écriture. Mais que l’on soit fils spirituel de Balzac ou de Zola, ou bien un surréaliste digne d’André Breton, il n’en reste pas moins que la description tient un rôle capital dans l’élaboration d’un roman, même si celui-ci est avant tout utilisé pour raconter une histoire… Dans cet article, vous trouverez les éléments essentiels d’une bonne mise en place du genre descriptif, et découvrirez les arguments qui vous convaincront de son importance au sein du roman.
Pour les plus récalcitrants, prenez-le comme un exercice destiné à améliorer votre style : Comment améliorer son style ?.
La description dans le roman : quand utiliser le discours descriptif
Il existe de nombreux réfractaires face à la description. Néanmoins, cette forme de discours est loin d’être inutile, et particulièrement dans la rédaction d’un texte où domine la narration, comme c’est le cas dans le roman, la nouvelle, le conte, etc. En effet, voici une petite liste (non exhaustive) des différents intérêts que présente le genre descriptif :
- D’un point de vue uniquement « formel », la description permet de freiner le récit, ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient. Son intrusion dans la narration provoque une rupture de celle-ci, une sorte de pause pendant laquelle le temps fonctionne au ralenti. À la fois, elle permet au lecteur de souffler entre deux péripéties, mais peut aussi risquer d’étirer l’action de façon interminable, provoquant ainsi la lassitude du lecteur. La solution à ce problème est une affaire de pratique : il suffit de savoir doser la densité et la longueur de la description que l’on veut proposer, et avant d’avoir la recette magique, il faut s’entraîner, s’entraîner, et s’entraîner.
- La description dans le roman sert aussi à donner de la consistance à votre roman. En vous attardant quelques instants sur les détails de l’univers qui composent votre histoire, vous apportez un peu plus de réalisme à votre roman.
La description des lieux, des attitudes, des émotions, des apparences, etc. permettent au lecteur de mieux visualiser la scène que vous lui proposez : de ce fait, la lecture de votre roman n’en sera que plus riche et complète, du fait des nouvelles informations que vous y aurez ajoutées.
- Parfois, la description reflète la subjectivité d’un des personnages dans le roman. En effet, selon le point de vue que vous utilisez, la description d’un élément du décor peut être faite à travers le regard d’un personnage, ce qui contribue à complexifier sa psychologie et à le rendre, lui aussi, plus réaliste, plus palpable, pour le lecteur.
- Il est certain que d’autres intérêts peuvent être trouvés au discours descriptif, mais ceux que nous avons développés ici sauront amplement convaincre les sceptiques.
Comment produire une bonne description ?
Loin de prétendre détenir toutes les clés d’un roman réussi, voici quelques points afin d’exposer un point de vue, et ce, en toute modestie. Quelques ingrédients essentiels à la rédaction d’une bonne description dans l’écriture de votre roman. Une fois de plus, ce sont juste des suggestions pour vous proposer une liste de points importants.
- Une bonne description est avant tout une description de votre roman structurée : en partant du plus général pour aller au plus précis, du haut vers le bas, de la gauche vers la droite, etc. Peu importe l’organisation que vous choisirez de suivre, l’important est de la conserver tout au long de votre description : elle n’en sera que plus fluide et agréable à la lecture. Vous pouvez, par exemple, esquisser une sorte de plan avant de rédiger votre description dans le détail : ainsi, vous aurez la garantie de n’omettre aucun des éléments de votre passage. De plus, une progression logique de la description (soulignée par des connecteurs logiques) permettra de « masquer » l’interruption du récit. Ainsi, au lieu de marquer une rupture dans la narration, votre passage descriptif ressemblera davantage à un temps de transition entre deux péripéties.
- Comme spécifié précédemment, la description permet de mettre du relief dans votre récit, et d’en faire une œuvre tridimensionnelle, par le réalisme et la complexité des éléments que vous apporterez à votre roman. En effet, il s’agit ici de prendre votre lecteur aux tripes, en lui exposant la scène comme s’il pouvait s’y trouver lui-même. Ainsi, voyez-la avec ses yeux, sentez-la avec son nez, entendez-la avec ses oreilles, touchez-la avec sa main, et goûtez-la avec sa bouche. Vous l’aurez bien compris, aucun des cinq sens ne doit être négligé lorsqu’il s’agit de faire une description, car tous participent à la création d’une atmosphère, d’une ambiance. En vous attardant sur les sons, les couleurs, les jeux de lumière, les matières, les odeurs, les saveurs, etc. des éléments qui entourent le personnage, vous éviterez de rédiger une description trop plate, et trop pauvre, qui n’apportera rien d’autre au roman qu’un passage creux et vide de sens. En écrivain passionné que vous êtes, il est de votre devoir de faire ressentir au lecteur le roman tel que vous le ressentez vous-même, avec la même énergie et la même conviction, et provoquer des émotions, des sentiments, chez lui.
- Une description doit donc être riche et variée, non seulement en matière de décor, mais également en termes de style ! N’hésitez pas à utiliser et à diversifier adjectifs, adverbes, verbes de dialogue, compléments du nom, etc. à grands recours de synonymes. Votre description prendra encore plus de relief si vous l’étayez de figures de style : certaines comparaisons, métaphores et autres gradations, hyperboles, etc. ne manqueront pas d’embellir votre passage et d’y ajouter du sens. Malgré tout, inutile de chercher midi à quatorze heures ! Tâchez de demeurer simple et naturel dans vos tournures, si vous ne voulez pas risquer de tomber dans l’excès et les stéréotypes. Laissez le registre dramatique au théâtre, vous ne vous en porterez que mieux.
Liens utiles pour parfaire les descriptions dans votre roman.
Afin de compléter cet article, voici une série de liens qui vous permettront d’enrichir encore davantage les descriptions de vos romans : des ressources de synonymes, des aides à la description, ou encore des exemples dans la littérature vous assisteront dans votre quête de la description parfaite.
- Si votre logiciel de traitement de texte (Microsoft Word, etc.) devait posséder un dictionnaire des synonymes : http://www.synonymes.com/, qui apparaît comme LA référence française en matière de synonymes. Ainsi, vous éviterez les répétitions hasardeuses dans vos écrits !
- « Mieux vaut en avoir toujours plus que pas assez », disait Mélissa, la copine de Oui-Oui. Dans le cas où l’ombre d’un doute planerait sur votre joli minois d’écrivain, n’hésitez pas à consulter le Bescherelle en ligne de Reverso (http://conjugueur.reverso.net/conjugaison-francais.html)
- Une fiche synthétique sur la rédaction de la description, assez bien construite et qui comprend quelques conseils supplémentaires : http://fifracol.perso.sfr.fr/Go/Synth_Ecrit/Redaction.htm#Descr
- Une seconde fiche, qui, même si très simple, rend compte de tous les éléments à insérer dans un portrait de personnage, particulièrement dans le roman http://storage.canalblog.com/71/23/195819/36171944.pdf
Ecrire-un-roman.com

Ah… La description.
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« Des fois ça marche, des fois ça marche pas ! »
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Quand ça marche, pas de problème. C’est beau, ça plonge le lecteur dans l’univers que vous avez créé, ça pose une ambiance… Bref, que du bonus.
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Mais quand ça marche pas… je me suis vu passer plusieurs heures sur une simple description. C’était moche. Les phrases était toutes construites de la même manière et les répétitions s’enchainaient à n’en plus finir. Une horreur.
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J’ai donc développé une petite astuce pour palier à ce problème: Systématiquement, dès que je lis un livre, j’ai un crayon dans la poche qui me permet de souligner les descriptions qui me paraisse bien menées (chacun à ses propres critères de sélection bien sûr). Un petit marque page, et hop le tour est joué. Si bien que quand je me trouve bloquée, je reprend ces descriptions que j’ai accumulées dans ma bibliothèque et je les relis. Le but n’est bien sûr pas de faire du plagias, mais j’ai pu remarquer que les tournures de phrases en font naitre de nouvelles dans notre esprit. Idem pour la structure de la description.
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Cela rejoint l’article déjà paru sur « L’importance de la lecture« …
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Je crois qu’il ne faut pas non plus hésiter à utiliser la photographie qui a l’énorme avantage de structurer les choses. De la même manière que j’archive les description des romans, je prend aussi beaucoup de photos de lieux communs (car se sont souvent ceux là qui posent le plus de problèmes à mes yeux.) Se sont vraiment des choses qui peuvent paraitre futiles, mais elles peuvent vous simplifier la vie. Par exemple, je me suis vue prendre en photo des rues (avec différents éclairages, différentes ambiances), des terrasses de café, des restaurants, mais aussi des parkings, des toilettes publiques etc… Toutes ces photos sont un peu les supports de mes descriptions.
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Bien sûr ces deux conseils fonctionnent sur moi mais peuvent se révéler totalement inutiles pour vous. Le mieux est encore de faire le teste pour le savoir !
En voilà un beau commentaire !
Ce sont effectivement deux bonnes idées qui aident à travailler l’imagination tout en apprenant à analyser et décrypter les décors.
D’ailleurs, tu confirmes bien ce que j’étais en train de préparer pour la newsletter (et le site ?) : proposer des images régulièrement pour s’entrainer à les décrire en quelques centaines de mots (décors et personnages).
Je te remercie Mélo.
Très bonne idée !
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Mais cet exercice tel que tu le présentes amène une difficulté qui est – je pense – assez inintéressante à surmonter. Car comme dans le roman, il existe en photographie différents de points de vue. Pour décrire une prise, il faudrait donc se mettre à la place de celui qui prend la photo. (Problème auquel on n’est pas confronté quand on utilise nos propres prises de vue).
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Pourquoi a-t-il voulu mettre en relief l’objet du premier plan ? Quel est le lien entre tel et tel chose ? Qu’est ce qui tape à l’œil en premier ? etc…
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Bref, un exercice très intéressant auquel je participerais volontiers !
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Bonne continuation !
Merci pour ces conseils. Je suis un adepte d’une description à la fois brève et riche. C’est délicat de se lancer dans une description, mais elle est un outil formidable. C’est à la fois un très bon ralentisseur du temps qui s’écoule, et un constructeur de relief. Toutefois, ce double avantage est freiné par un alourdissement de l’histoire. la description tranche la tête de la narration, tout en lui permettant de repartir de plus belle par la suite. Tout est donc, comme cet article le précise, une question de dosage.